Acquisitions Récentes

Au nombre des récentes acquisitions, voici une sélection d’œuvres que vous avez actuellement la chance de découvrir sur nos cimaises.

Shannon Bool

Michaelerplatz 3, 2016
Fibres de laine, fibres de coton et fibres Trevira CS, 1/2
288.3 × 188 cm.
Achat, grâce à la générosité de madame Paule Poirier
Collection du Musée d’art contemporain de Montréal

Fibres de laine, fibres de coton et fibres Trevira CS, 1/2 288.3 × 188 cm.
Achat, grâce à la générosité de madame Paule Poirier. Collection du Musée d’art contemporain de Montréal
Photo : avec l’aimable permission de l’artiste et de la Daniel Faria Gallery, Toronto

La collection du Musée d’art contemporain de Montréal s’est récemment enrichie d’une nouvelle acquisition grâce au legs de Mme Paule Poirier, mécène visionnaire qui a offert au Musée un don majeur totalisant plus de deux millions de dollars et voué à l’achat d’œuvres d’art. Coup de cœur du public lors de son exposition à l’automne 2016, Michaelerplatz 3, de l’artiste canadienne Shannon Bool, est la première acquisition réalisée grâce à la générosité de Paule Poirier.

Figure canadienne renommée sur la scène internationale, Shannon Bool use de médiums variés tels que le dessin, la peinture, la sculpture et la photographie. Comme en témoigne Michaelerplatz 3, qui intègre la photographie dans le processus de production de la tapisserie, les explorations techniques de l’artiste brouillent les catégories établies. Influencée par l’histoire de l’art, la littérature, la psychologie et les arts décoratifs, celle-ci développe sa production avec un intérêt marqué pour les considérations formelles et en abordant simultanément des enjeux politiques, sociologiques et culturels, notamment d’ordre colonial et postcolonial.

Michaelerplatz 3 est une œuvre textile qui réfère à l’adresse d’un célèbre bâtiment : la Looshaus, construite à Vienne en 1909 par l’architecte moderniste Adolf Loos, reconnu pour son refus radical de l’ornementation. Dans son entrée de marbre, l’artiste a procédé au collage d’un mannequin chromé, et son reflet semble se projeter à l’infini dans les miroirs avoisinants. Ce corps féminin acéphale et dénudé, entouré de surfaces réfléchissantes, peut rappeler le dispositif d’une vitrine en cours de montage. Cependant, son énigmatique présence dans cet environnement opulent génère une tension qui capte le regard.

Le récent travail de Shannon Bool sur la tapisserie est considéré comme un point d’ancrage et une signature représentative de sa pratique actuelle : Michaelerplatz 3 permet d’en saisir toute la rigueur et la portée.

Aude Moreau

Gençay, France, 1969
Travaille et vit à Montréal (Québec).

La Ligne bleue n° 2, 2014 Impression jet d’encre sur Dibond, ⅓
Maquette Lower Manhattan, 2014 Impression 3D (résine Polyjet), acrylique et peinture acrylique

Aude Moreau, La Ligne bleue n° 2, 2014. Impression jet d’encre sur Dibond, 1/3
Don de la collection Loto-Québec, dans le cadre d’un partenariat avec le Musée d’art contemporain de Montréal. Collection Musée d’art contemporain de Montréal

Aude Moreau, Maquette Lower Manhattan, 2014. Impression 3D (résine Polyjet), acrylique et peinture acrylique
Don de la collection Loto-Québec, dans le cadre d’un partenariat avec le Musée d’art contemporain de Montréal. Collection Musée d’art contemporain de Montréal

Don de la collection Loto-Québec, dans le cadre d’un partenariat avec le Musée d’art contemporain de Montréal
Collection Musée d’art contemporain de Montréal

La Ligne bleue est un projet d’intervention in situ que l’artiste souhaite réaliser sur les façades de vingt édifices du quartier des finances de Manhattan. Elle planifie d’utiliser l’éclairage des bureaux des gratte-ciels pour tracer, dans le ciel nocturne de New York, une ligne d’horizon située à 65 mètres de hauteur, ce qui correspondrait à la montée des océans si la planète connaissait une fonte des glaces subite.

La Ligne bleue no 2 et Maquette Lower Manhattan, conçues comme des modélisations précédant la réalisation de l’intervention à New York, documentent différentes phases d’exploration du projet. Alors que la maquette reproduit le plan cadastral des lots occupés par les édifices visés, l’œuvre photographique simule la lumière bleue émanant de l’intérieur des bureaux dans l’obscurité d’un fond noir, faisant disparaître les édifices et leur environnement. En résulte un tracé lumineux qui laisse deviner l’empreinte fantomatique de la trame architecturale de la ville.

Claudie Gagnon

Montréal (Québec), 1960
Travaille et vit à Québec (Québec).

Tableaux, 2011
Vidéogramme couleur, 21 min 31 s, son
Don de la collection Loto Québec, dans le cadre d’un partenariat avec le Musée d’art contemporain de Montréal

Claudie Gagnon, Tableaux, 2011. Vidéogramme couleur, 21 min 31 s, son
Don de la collection Loto Québec, dans le cadre d’un partenariat avec le Musée d’art contemporain de Montréal. Collection du Musée d’art contemporain de Montréal

Cette œuvre vidéographique de Claudie Gagnon reprend le dispositif du tableau vivant, représentation figée et traditionnellement performée en temps réel devant un public, pour le transposer dans le médium filmique. Elle revisite ici les genres, les compositions, les poses et les gestes de la peinture en mettant l’accent non pas tant sur l’action des personnages, qui demeure somme toute minimale, mais sur le son. Bougeant à peine, ces derniers s’animent d’une étrange présence sonore qui accentue la manière à la fois grotesque et humoristique avec laquelle l’artiste traite l’histoire de l’art. Une grande subtilité sonore marque chacune des représentations en passant par les figures religieuses d’El Greco, à la femme à barbe de José de Ribera, aux scènes de genre hollandaises du XVe siècle inspirées d’un tableau de Jérôme Bosch, au surréalisme d’Otto Dix, au célèbre Cri d’Edvard Munch, jusqu’aux saltimbanques d’Honoré Daumier et de Pablo Picasso. Véritable allégorie de la peinture, Tableaux porte un regard teinté d’humour et d’ironie sur l’histoire de l’art.

Hajra Waheed

Calgary (Alberta), 1980
Travaille et vit à Montréal (Québec).

The Video Installation Project 1-10, 2011-2013
Vidéogramme haute définition, 3 min. 42 sec., 1/3.
Collection du Musée d’art contemporain de Montréal

Hajra Waheed, The Video Installation Project 1-10 : Fayaz (vue d’installation), 2011-2013
Collection Musée d’art contemporain de Montréal. Photo : Paul Litherland

Liste des vignettes :

Beach Tent, 3 min 29 s
The Grove, 1 min 29 s
Dead Sea, 5 min 40 s
Fayaz, 3 min 42 s
Hut 1, 2 min 8 s
Hut 2, 1 min 31 s
Stadium, 2 min 34 s
The Garden, 2 min 54 s
Darth, 1 min
The Wave, 9 min 21 s

Inspirée par des reportages, des recherches approfondies et son parcours personnel, Hajra Waheed explore de manière critique les enjeux liés aux jeux de pouvoir, à la surveillance de masse ainsi qu’aux traumatismes découlant de la migration massive. Elle a élaboré un langage visuel qui reflète ses années de jeunesse en Arabie saoudite où elle a connu le déracinement, la censure, les restrictions de voyage et la première guerre du golfe Persique. The Video Installation Project 1-10 est une œuvre vidéographique constituée de 10 brèves vignettes réalisées en divers lieux où la documentation photographique et vidéographique est prohibée. Ces micro-récits, développés tels de discrets exercices d’observation, proviennent d’un long processus de collecte d’images. L’artiste y capte la beauté banale, la surprise dans la routine, la distorsion culturelle et la limite de la censure. Dans cette œuvre, rien n’est mis en scène. Les événements filmés, sortes de moments magiques, représentent autant de pages d’un journal intime dans lequel le spectaculaire et le banal entrent en collision.