Angela Grauerholz

Née à Hambourg, Allemagne, en 1952

Angela Grauerholz occupe une place exceptionnelle au sein de la photographie canadienne. Depuis les années 1980, elle propose une réflexion philosophique et intellectuelle profonde autour de l’image photographique, de la mémoire et des archives. En 1980, elle cofonde, à Montréal, le centre d’information en art contemporain Artexte. Durant cette décennie, elle se consacre à la réalisation d’images autonomes en noir et blanc, puis en sépia (Cibachrome), qui abordent avec un romantisme certain les genres consacrés du portrait, du paysage et de la scène d’intérieur parmi d’autres motifs se rattachant au quotidien et au voyage. Elle recourt à des procédés variés, notamment au flou photographique, afin de générer une distanciation du sujet par rapport à la réalité. Empreintes d’un pouvoir d’évocation remarquable, ses photographies retracent le sens, la qualité historique et la valeur mnémonique de l’image tout en soulignant le caractère autoréférentiel du médium photographique (son histoire, ses sujets, ses modes de reproduction, etc.). Au début des années 1990, Grauerholz entame une réflexion sur l’archivage et ses enjeux. S’intéressant à la notion de collection, elle revisite son travail antérieur sous le mode du classement dans l’installation Églogue ou Filling the Landscape (1994), une œuvre de la collection du Musée d’art contemporain de Montréal. Dès lors, elle incorpore dans sa démarche un impressionnant travail de commissariat voué à la mise en forme et en espace de documents visuels et textuels liés à l’histoire de sa propre production ainsi qu’à celle de la culture moderne. En 2008, elle prolonge son interrogation sur les archives, la cartographie subjective et la mémoire au moyen du projet expérimental At Work and at Play, dans lequel elle explore le potentiel polysémique de l’infrastructure Web.

Oeuvre de cette artiste