Betty Goodwin

Montréal (Québec), Canada, 1923-2008

Étroitement associée à la scène artistique montréalaise depuis la fin des années 1960, Betty Goodwin est reconnue comme l’une des principales figures de l’art contemporain canadien. Marquée de préoccupations ontologiques aux résonances humanistes, son œuvre pluridisciplinaire s’est développée par cycles de grands ensembles employant des moyens d´expression aussi variés que le dessin, la gravure, le collage, la peinture, l’assemblage, la sculpture et l’installation. Centrés autour des thèmes du corps, de la perte, du deuil et du passage, ses travaux abordent avec une sensibilité manifeste la fragilité et l’incertitude de l’existence. Betty Goodwin commence à peindre et à dessiner de façon autodidacte. En 1968, elle étudie l’eau-forte sous la direction d’Yves Gaucher à l’Université Sir George Williams, à Montréal, et entame une nouvelle phase de production marquée par sa technique novatrice de l’estampe, où des vêtements passés sous presse laissent leur empreinte dessinée. Vestiges silencieux de corps disparus, les célèbres Gilets et autres œuvres de cette série annoncent un itinéraire plastique animé d’une intention métaphysique, engagé sur la voie de la trace et de la transparence, de la figure humaine et de son absence. Tout au long de sa carrière de plus d’un demi-siècle, Goodwin s’est démarquée tant au Canada qu’à l’international par ses innovations plastiques et son langage visuel percutant.

Portait de Betty Goodwin.
Photo : avec l’aimable permission de M. Gaétan Charbonneau