Jean-Paul Riopelle

Montréal (Québec), Canada, 1923 - Saint-Antoine-de-l’Isle-aux-Grues (Québec), Canada, 2002

Incontournable de l’art contemporain canadien, Jean-Paul Riopelle se distingue tant parmi ses contemporains que sur le plan historique. Il fréquente l’atelier de Paul-Émile Borduas et se joint au groupe des automatistes avec qui il signe le manifeste Refus global, en 1948. Après la Deuxième Guerre mondiale, Riopelle s’installe en France, où il fréquente brièvement des membres du mouvement surréaliste et d’autres artistes et intellectuels de l’avant-garde. Il développe un langage visuel unique basé sur le geste spontané et la répétition pour créer des œuvres abstraites dans lesquelles les giclures de peinture se propagent en filaments colorés sur l’entièreté de la surface picturale. Au début des années 1950, il accède à la maturité artistique en travaillant des empâtements de peinture appliquée directement à partir du tube, puis formée au couteau sur un mode all-over qui suggère des parallèles avec l’expressionnisme abstrait. Réalisant des peintures à grande échelle, qui incorporent de captivants contrastes et d’intéressantes textures dans des compositions rappelant la mosaïque, Riopelle acquiert rapidement une notoriété internationale. Dès la fin des années 1960, il passe plus de temps au Canada pour revenir peu à peu s’installer au Québec. Les années 1970 et 1980 sont marquées par le retour de formes représentatives, souvent inspirées du thème animalier, et par l’adoption d’une nouvelle technique à l’aérosol et au pochoir que l’artiste utilisera également au cours des années 1990.