Paul-Émile Borduas

Mont-Saint-Hilaire (Québec), Canada, 1905 - Paris, France, 1960

L’œuvre monumentale et l’ensemble des écrits de Paul-Émile Borduas ont marqué de façon importante l’esthétique picturale contemporaine au Québec et au Canada. Peintre avant tout, l’artiste est également reconnu en tant que pédagogue, théoricien, essayiste et critique. Durant sa jeunesse, Borduas est sensibilisé à l’art par les diverses manifestations de l’art religieux. Il assiste le peintre Ozias Leduc dans le décor d’églises avant d’entreprendre ses études à l’École des beaux-arts de Montréal (1923-1927), études qu’il poursuivra en France (1928-1930), notamment aux Ateliers d’art sacré. Il obtient sa permanence à titre de pédagogue à l’École du meuble de Montréal en 1939, où il fait la connaissance d’une nouvelle génération d’artistes et de collègues avec lesquels il chemine jusqu’à fonder le groupe des automatistes. L’influence des mouvements de l’avant-garde européenne comme le surréalisme, le fauvisme et le cubisme, le pousse à explorer l’abstraction. Propulsé par ses convictions profondes quant à la nécessité d’un renouvellement politique, social et culturel auquel l’art se doit de contribuer, Borduas se consacre plus sérieusement à la peinture à l’huile et emprunte le chemin qui le mènera à la peinture automatiste ainsi qu’à la parution du Refus global en 1948. Ce manifeste, qu’il signe avec 15 cosignataires, dont Marcel Barbeau, Marcelle Ferron, Fernand Leduc, Jean-Paul Mousseau, Jean-Paul Riopelle et Françoise Sullivan, déclenche un flot de réactions au Québec, bousculant les idées reçues et dénonçant les valeurs sclérosées d’une société noircie par l’attachement aveugle à l’autorité du clergé catholique. En raison de son point de vue radical, Borduas est expulsé de l’École du meuble en 1948. Il se voue dès lors au projet révolutionnaire des automatistes. Le groupe, qui se fait de plus en plus connaître sur la scène montréalaise, où il est très actif, se dissout progressivement vers 1953, chacun de ses membres suivant leur propre voie. Pour Borduas, cela se traduit en un séjour de deux ans à New York au cours duquel il assimile certaines techniques de l’expressionnisme abstrait et espère se positionner sur la scène internationale. En 1955, il s’installe à Paris et met en place, en 1956, la structure fondamentale des tableaux noir et blanc qui constitueront sa dernière phase de production. L’artiste meurt à Paris en 1960.

Portait de Paul-Émile Borduas.
Photo : Janine Niepce (1959)