Paul-Émile Borduas

3+3+4, 1956

Huile sur toile, 60 × 73 cm

Alors qu’il réside à Paris durant la seconde moitié des années 1950, Paul-Émile Borduas réalise des tableaux en noir et blanc. L’une des toutes premières compositions associées à cette dernière phase de production, 3+3+4, constitue un exemple significatif des acquis de l’artiste qui procède à l’élimination graduelle de la couleur pour explorer l’espace « réversible » et relationnel créé par l’interchangeabilité des plans en noir et blanc. Instaurant des effets de recul et d’avancée entre les formes noires et le fond blanc — que Borduas identifie à une représentation de l’espace comme entité continue et indéfinie — ces œuvres travaillées au couteau et hautement texturées exploitent les modulations de la lumière sur la matière structurée. Le titre 3+3+4 réfère quant à lui à un ordre de lecture regroupé. Ainsi, les trois taches au centre doivent être perçues ensemble, tout comme celles qui figurent au bas de la toile. Le regard passe d’une lecture centrale à une lecture en périphérie jusqu’aux coins de l’œuvre, où sont dispersées quatre taches autonomes. Si les taches disposées au centre et au bas de l’œuvre paraissent flotter sur le fond blanc, celles en périphérie se trouvent tranchées par les limites du tableau, brouillant de la sorte la hiérarchie forme/fond.

Portait de Paul-Émile Borduas.

Paul-Émile Borduas

Mont-Saint-Hilaire (Québec), Canada, 1905 - Paris, France, 1960

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