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Exposition de la Collection

Jon Rafman

au
Disasters Under the Sun (2019) et Poor Magic (2017)

 “Ce qui m’inquiète, c’est le sentiment général d’enfermement et d’isolement que beaucoup ressentent alors que la vie sociale et politique devient de plus en plus abstraite, et l’expérience, dématérialisée. Il n’existe aucun moyen viable ou obligé pour instaurer un véritable changement ou l’émancipation des consciences, de sorte que l’énergie qui jadis motivait la révolution ou la critique prend une tournure étrange et parfois dérangeante.”

Jon Rafman


Disasters Under the Sun [Désastres sous le soleil] (2019) et Poor Magic [Pauvre magie] (2017) — formant un diptyque dans l’esprit de Jon Rafman — sont deux films qui résonnent d’une manière étonnante et inquiétante avec la crise que nous vivons actuellement. Le premier film a été présenté à la Biennale de Venise en 2019 et récemment acquis par le MAC. Ces œuvres explorant les coins les plus glauques du Web paraissent sombres comparées aux réalisations antérieures de Rafman. Alors que ses installations, photographies et vidéos des dernières années proposaient une vision mélancolique et ironique des conventions sociales et des communautés virtuelles, Disasters Under the Sun et Poor Magic adoptent une perspective plus critique. Les films présentent une dystopie posthumaine mettant en vedette des avatars 3D sans visages torturés à répétition dans un environnement numérique abstrait. Constituant essentiellement une complainte poétique, les œuvres abordent la conscience fragmentée d’une existence postphysique. Elles dressent le portrait terrifiant d’un avenir où l’humanité entière serait plongée dans un purgatoire virtuel et maltraitée à perpétuité. Ou s’agirait-il d’une représentation violente du présent et des effets sur nos corps et nos esprits d’un monde dominé par les algorithmes ?

Biographie de l'artiste

JON RAFMAN (né en 1981) vit et travaille à Montréal. Il a étudié la philosophie et la littérature à l’Université McGill de Montréal et obtenu une maîtrise en beaux-arts (MFA) à l’École du Art Institute de Chicago, Illinois. Ses expositions solos récentes ont été présentées au Centraal Museum à Utrecht, Pays-Bas (2020) ; à la Fondazione Modena Arti Visive de Modène, Italie (2018) ; chez Sprueth Magers, à Berlin (2017) ; au Stedelijk Museum d’Amsterdam, Pays-Bas (2016) ; à la Westfälischer Kunstverein de Munster, Allemagne (2016) ; au Musée d’art contemporain de Montréal (2015) ; et à la Zabludowicz Collection de Londres (2015). Ses œuvres ont été remarquées au sein d’importantes expositions collectives internationales, entre autres lors de la 58e Biennale de Venise (2019) ; de la Biennale de Charjah, Émirats arabes unis (2019 et 2017) ; dans Art in the Age of the Internet, 1989-Today, à l’Institute of Contemporary Art Boston, Massachusetts (2018) ; dans Leonard Cohen : Une brèche en toute chose, au Musée d’art contemporain de Montréal (2017) ; dans After Us, à la K11 Art Shanghai, Chine (2017) ; dans Suspended Animation, Les Abattoirs, Toulouse, France (2017) ; dans le cadre de la 9. Berlin Biennale (2016) ; et de Manifesta 11 – Biennale européenne d’art contemporain, Zurich, Suisse (2016). Jon Rafman a été finaliste pour le prix Sobey en 2014 et 2016, et il a fait partie des candidats au prestigieux Future Generation Art Prize en 2014. Il a été lauréat du prix Pierre-Ayot en 2015.