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Communiqué

Le MAC lance deux nouvelles expositions de sa collection

Été 2018

Montréal, le 16 mai 2018 — Le Musée d’art contemporain de Montréal est fier de présenter deux nouvelles expositions des œuvres de sa collection à temps pour la saison estivale : Seuls ensemble (18 mai au 26 août 2018) pose la question de la solitude dans une société d’hyperconnectivité et présente de nouvelles acquisitions des artistes Sarah Anne Johnson, Graeme Patterson, Jon Rafman et Jeremy Shaw. Les prophètes (6 avril au 26 août 2018) s’articule autour d’une installation du même nom par Richard Ibghy et Marilou Lemmens, un duo d’artistes québécois qui s’intéresse aux manières dont les sciences économiques représentent le monde. Des œuvres de Josef Albers, Jack Bush, Sol LeWitt et Jana Sterback complètent cette exposition.

Ces deux nouvelles présentations s’inscrivent dans la série Tableau(x) d’une exposition, un cycle d’expositions évolutif développé à partir des œuvres de la collection du MAC, dont l’objectif est de créer des dialogues inédits entre les œuvres historiques et les nouvelles acquisitions, entre les nombreux médiums et les artistes de diverses générations.

Seuls ensemble

Quatre artistes canadiens appartenant à la même génération sont rassemblés autour d’un énoncé simple et complexe : Seuls ensemble. La solitude étant comprise comme souveraine au fondement de l’être, comment s’exprime-t-elle dans une époque de connectivité sans précédent?

Dans cette nouvelle exposition de la collection, Sarah Anne Johnson revisite un festival de musique et crée une archive photographique de ces bacchanales contemporaines, des rituels collectifs lors desquels les contraintes sociétales sont remplacées par une liberté intoxiquée. Les scènes de la série Field Trip combinent euphorie et esthétique psychédélique. Le caractère éphémère de l’expérience individuelle vécue révèle la futilité d’une certaine utopie recherchée par la communauté de festivaliers.

Graeme Patterson met en scène une réflexion sur les aléas de l’amitié masculine ainsi que sur le passage vers l’âge adulte comme transition de l’état collectif de l’enfance à l’état solitaire marquant la condition de la maturité. Player Piano Waltz est une installation sculpturale et vidéographique qui consiste en la maquette d’un bar logé dans un hôtel des années 1920 et perché sur un piano mécanique. L’édifice s’active lorsqu’un visiteur insère une pièce de monnaie dans le piano. Des films d’animation sont projetés dans les pièces du bâtiment au son d’une musique mélancolique composée par l’artiste. Les interactions des protagonistes s’essoufflent jusqu’à ce qu’ils se retrouvent seuls ensemble dans un bar sans nom.

Jon Rafman pose un regard lucide et acide sur les technologies numériques et les nouveaux médias. Les visiteurs sont invités à visionner le film Erysichthon isolés dans une cabine de verre, s’exposant aux regards des autres passants. L’expérience de l’œuvre nous démontre l’emprise de la technologie sur la conscience contemporaine et porte un regard à la fois nostalgique et ironique sur les conventions sociales ainsi que sur nos communautés virtuelles aux réalités déconcertantes.

La série de photographies Towards Universal Pattern Recognition réalisée par Jeremy Shaw cristallise, sous le prisme d’images à la matérialité prédominante, le concept de ravissement. Ce dernier use de photographies d’archives illustrant des communautés d’individus faisant, notamment lors d’événements religieux, des expériences transcendantales et mystiques. Il encapsule des images documentaires à l’intérieur de formes prismatiques et cible, tel un point de fuite, la zone où se loge le noyau de l’expérience transcendantale. L’effet kaléidoscopique et la distorsion de l’image illustrent explicitement cet état de ravissement qui ouvre sur des réalités parallèles et multiples.

Comment notre usage des nouvelles technologies, notre participation aux grands rassemblements politiques et religieux, notre fréquentation des lieux publics et des événements festifs redéfinissent-ils notre individualité, nos espaces d’intimité et d’intériorité? Chacun à leur manière, Sarah Anne Johnson, Jeremy Shaw, Jon Rafman et Graeme Patterson réfléchissent aux paradoxes de notre société et du concept de communauté.

Les prophètes

En tant que personnes qui abordent le destin et le caractère moral d’une nation, les économistes sont les prophètes des temps modernes, et les graphiques et diagrammes qu’ils produisent sont leurs prophéties. – Richard Ibghy et Marilou Lemmens

Cette exposition prend comme point focal une œuvre intitulée Les prophètes, notamment présentée au MAC en 2014 et à la Biennale d’Istanbul en 2015. Réalisée par Richard Ibghy et Marilou Lemmens, l’œuvre réunit une collection de délicates petites sculptures réalisées à la main au moyen de matériaux anodins, tels de la ficelle, des tiges de bambou, du fil métallique et des acétates. Déployées sur de longues tables, les fines sculptures d’apparence abstraite dévoilent des modélisations spatiales inspirées de graphiques économiques.

Empreintes d’humour et d’ironie, elles représentent des connaissances puisées dans des revues académiques et scientifiques, et tentent de prédire le comportement humain en analysant les interactions entre le travail, la consommation et la production. Elles incluent des données concrètes et des abstractions mentales, des courbes légales et des courbes de fait, des positions dessinées dans le temps logique et dans le temps historique ainsi que diverses formes et procédures communes aux analyses économiques. Constituée de plus de quatre cent maquettes, lesquelles interprètent une vaste gamme de sujets historiques et contemporains, Les prophètes examine les concepts de travail, de main-d’œuvre, ainsi que les données liées à la consommation et à la productivité. Le ton de leurs descriptions et jeux de mots véhicule un scepticisme quant à la véracité des sources et une compréhension des modèles scientifiques et économiques comme étant éphémères et transitoires.

Avec la création de ces modèles réduits, sortes de diagrammes de la pensée économique, Richard Ibghy et Marilou Lemmens suggèrent une mise en forme des données qui relèvent habituellement des concepts, des idées et des données statistiques, sous la forme d’un vaste inventaire de formes abstraites. Dans le cadre de cette exposition, cette œuvre en cours d’acquisition est mise en position de dialogue avec des œuvres de Josef Albers, Jack Bush, Sol LeWitt et Jana Sterbak puisées dans notre collection. Soulignant des réflexions formelles et conceptuelles communes, ce Tableau vise à mettre en valeur une sélection d’œuvres dont les qualités matérielles sont complémentaires.

Commissariat

La commissaire des expositions est Marie-Eve Beaupré, conservatrice de la collection du MAC.

Remerciements

Le Musée d’art contemporain de Montréal (MAC) est une société d’État subventionnée par le ministère de la Culture et des Communications du Québec et il bénéficie de la participation financière du ministère du Patrimoine canadien et du Conseil des arts du Canada. Le Musée les remercie sincèrement de leur appui.

Le Musée d’art contemporain de Montréal remercie par ailleurs le ministère de la Culture et des Communications du Québec pour une subvention obtenue dans le cadre du Programme de soutien aux expositions permanentes permettant la réalisation de ces projets d’expositions.

Musée d’art contemporain de Montréal

Situé au cœur du Quartier des spectacles, le Musée d’art contemporain de Montréal fait vibrer l’art actuel au centre de la vie montréalaise et québécoise. Lieu vivant, le MAC assure, depuis plus de cinquante ans, la rencontre entre les artistes locaux et internationaux, leurs œuvres et un public toujours plus vaste ; lieu de découvertes, le Musée propose aux visiteurs des expériences sans cesse renouvelées, souvent inattendues et saisissantes. Le MAC présente des expositions temporaires consacrées à des artistes actuels – pertinents et marquants – qui sont des témoins privilégiés de notre société, de même que des expositions d’œuvres puisées dans la riche collection permanente qu’abrite l’institution. Ici, toutes les formes d’expression sont possibles : œuvres numériques et sonores, installations, peintures, sculptures, œuvres immatérielles, et autres. Offrant un éventail d’activités éducatives qui familiarisent le grand public avec l’art contemporain, le MAC est aussi l’instigateur de performances artistiques uniques et d’événements festifs. Voilà une fenêtre ouverte sur mille expressions d’avant-garde qui font rayonner l’art dans la ville et dans le monde.

 


Source et renseignements

Roxane Dumas-Noël
Responsable des relations publiques
514 847-6232
[email protected]

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