Œuvre permanente dans le cadre de la transformation
Le ministère de la Culture et des Communications organise un concours national pour la création d’une œuvre permanente au nouveau Musée d’art contemporain de Montréal (MAC) en collaboration avec ce dernier et la Société de la Place des Arts de Montréal.
Les artistes professionnelles et professionnels en arts visuels et en métiers d’art du Québec qui incluent dans leur pratique les arts numériques et, plus précisément, l’art sonore, étaient invités à poser leur candidature à ce concours national d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement. L’œuvre retenue s’inscrira durablement dans les espaces publics du nouveau Musée, lumineux, polyvalents et résolument contemporains. L’art sonore peut prendre des formes radicalement différentes. Lié à la parole, au bruit, à l’environnement ou au mouvement, il peut éveiller un imaginaire, modifier la perception d’un espace ou créer une connexion inédite entre l’ouïe et la vue. Les espaces d’intégration proposés s’étendent du sous-sol au deuxième niveau du bâtiment, offrant une diversité de contextes architecturaux.
Parmi la trentaine de dossiers de candidatures admissibles reçus, le comité de sélection a retenu les artistes Ludovic Boney, Rafael Lozano-Hemmer, Sandra Volny, ainsi que le collectif composé de Steve Bates, Alexandre Burton et Marc-Alexandre Reinhardt. Ces artistes se distinguent par la singularité, la diversité et la richesse de leur pratique en arts numériques et en art sonore, en parfaite adéquation avec la vision portée par cet appel.
Les finalistes élaboreront leurs propositions artistiques respectives, qui seront présentées aux membres du comité de sélection en octobre. L’identité de ou des personnes lauréates sera dévoilée au cours de l’automne, et l’œuvre, installée pour l’ouverture du nouveau Musée en 2028.
FINALISTES
Ludovic Boney
Ludovic Boney est originaire de Wendake (Québec). Il œuvre sur des projets d’art public d’envergure et présente son travail régulièrement en galeries ou dans les centres d’artistes. Plus récemment, sa recherche s’est tournée vers des sculptures sonores et immersives. En invitant le spectateur à participer à ses installations sculpturales, il crée des tableaux où le spectateur devient l’un des éléments de composition de la proposition. Sa pratique, naturellement formaliste, assume un discours et une appartenance à sa culture autochtone. Artiste multiculturel issu d’une culture hybride, il associe une tradition culturelle à une esthétique contemporaine et, de fait, participe activement à une conciliation de la culture canadienne-autochtone. Boney a récemment présenté ses créations au Musée des beaux-arts de Montréal ainsi qu’à Nuit Blanche Toronto. Parmi ses réalisations marquantes en art public, on compte In Equilibrium, installée à l’Anishnawbe Indigenous Hub de Toronto, Théâtralité contextuelle au nouveau HEC Montréal, ainsi que la monumentale Cosmologie sans genèse au Musée national des beaux-arts du Québec ou l’œuvre numérique et sonore Ahchiouta’ah, actuellement présentée au Grand Théâtre de Québec. Ses œuvres figurent dans de nombreuses collections publiques et privées.

Rafael Lozano-Hemmer
Rafael Lozano-Hemmer, artiste canadien d’origine mexicaine, crée des plateformes de participation publique en utilisant, par exemple, des lumières robotisées, des fontaines numériques, une surveillance informatisée et des réseaux télématiques. Inspirées par la fantasmagorie, le carnaval et les animatroniques, ses œuvres interactives sont des anti-monuments permettant aux gens de s’auto-représenter. Premier artiste à représenter le Mexique à la Biennale de Venise en 2007, ses œuvres font partie de collections telles que le Musée d’art contemporain de Montréal, MoMA, le Guggenheim, la TATE, le Reina Sofía et le Hirshhorn. Parmi ses expositions récentes, soulignons Unstable Presence, Common Measures, Translation Island et Unfinished Garden, une grande exposition monographique au Museo De Arte Moderno, à Mexico.

Crédit : Antimodular Studio
Sandra Volny
Sandra Volny explore les dimensions sensibles de l’écoute comme vecteur de connaissance, de mémoire et de relation au monde. À la croisée de l’art, de la recherche scientifique et de l’enquête de terrain, son travail porte une attention particulière aux vibrations imperceptibles et aux milieux fragiles. Docteure en arts et sciences de l’art de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, elle s’intéresse à la survivance des espaces sonores et aux multiples façons dont le son persiste à travers la matière, les corps et les milieux. Son travail a été présenté dans plusieurs institutions et centres d’art, dont la Fondation PHI, la Fonderie Darling, le Musée d’art de Joliette et Ars Electronica (Linz), puis, plus récemment, au Centre Yvonne L. Bombardier et à l’Institut Goethe (Paris). Ses œuvres figurent dans des collections publiques et privées, dont celles du Musée d’art contemporain de Montréal, d’Hydro-Québec, de la Banque Desjardins, de la Ville de Laval et de Majudia. Entre 2019 et 2023, elle a été en résidence aux ateliers montréalais de la Fonderie Darling.

Crédit : Mia Horth
Steve Bates
Steve Bates est un artiste et musicien établi à Montréal. Le son est à la base de sa pratique et se manifeste par la musique, la transmission, la vidéo, l’art sonore et l’installation. Il a exposé et performé au Canada, aux États-Unis, en Europe, au Chili et au Sénégal. Il distribue régulièrement son travail par le biais de son propre projet de musique et d’édition, The Dim Coast. Bates travaille sur le terrain, en ondes, dans des contextes muséaux, de galeries et de performances. Ces territoires changeants reflètent également les sujets dont traite sa pratique.

Alexandre Burton
Artiste et luthier numérique, Alexandre Burton explore la technologie afin d’en dévoiler une sensibilité propre. Sa démarche porte essentiellement sur la mise en relation de phénomènes sonores, visuels et somatiques, qu’il orchestre en dispositifs où la machine rejoint l’expérience sensible. Ses œuvres sont régulièrement présentées dans des manifestations internationales d’art numérique et de musique électronique. Membre fondateur de artificiel.org, il collabore par ailleurs avec de nombreuses entités artistiques et culturelles à titre d’architecte de processus génératifs sonores et visuels, ainsi que de conseiller en intégration technologique. Son travail conjugue rigueur technique et recherche formelle au service d’une poétique du numérique.

Marc-Alexandre Reinhardt
Comparatiste de formation, Marc A. Reinhardt développe une pratique au croisement de l’écriture, l’installation et la performance en utilisant principalement le son comme matériau poétique, spéculatif et sculptural. Il a présenté des œuvres au Québec, en Europe et en Amérique du Sud. Il vit à Gatineau où il anime Le Clinique, une petite structure d’édition expérimentale. Il est présentement commissaire invité au centre DAÏMÔN et enseigne à l’École des Arts et des Cultures (ÉdAC).
